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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 18:35
Vacances interrompues.



Cette fiction est construite sur l'actualité :

Le terrorisme, l'intégrisme, le financement, la prise d'otages, les religions, le sectarisme, le pouvoir.

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Meurtres par nécessité
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(Le Japon, La Mongolie, L'Indonésie, Pakistan,

La Birmanie, Le Laos, Le Cambodge, Le Yunnan Chine,. etc..)

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:08

 

 



           Luc attendait son tour au comptoir d’enregistrement pour le vol Jakarta via Singapour. La veille, à l’occasion de son départ en vacances il avait invité ses amis dans son petit deux pièces. Les festivités s’étaient terminées à quatre heures du matin. Il était dix heures, le manque de sommeil se faisait sentir.
Il était toujours étonné de cette affluence dans les aéroports, tous ces regards, ces destins qui se croisent, parfois avec un pincement au cœur, ce n’est pas dans la nature humaine de quitter le sol, de voler.
Il sentit une poussée impatiente derrière lui, fit quelques pas puis revint dans ses pensées. Son cinquième départ déjà, il partait quatre semaines à la fin de l’hiver dans cette île paradisiaque d’Indonésie.  Il avait vingt deux ans lorsqu’il rencontra à l’université Lam, un indonésien. Ils devinrent de véritables amis, Lam l’invita dans son île.
Il fut de suite conquis par la gentillesse de sa famille et des habitants de cette île grande comme un département français.  Dans ce bout du monde, il oubliait, se déconnectait de la vie trépidante de la capitale. 
Enfin son tour arriva, il enregistra ses quelques bagages. Il se chargeait peu, l’habillement là bas était sommaire, shorts, tee- shirts, tongs faisaient l’affaire.
Sa valise contenait surtout des cadeaux, des petits riens sans grande valeur, mais ils venaient de France, pays si lointain pour ses amis indonésiens.
Les contrôles étaient interminables, portiques, fouilles, passeports décortiqués, puis l’attente dans la salle d’embarquement.
 Luc travaillait dans une entreprise d’informatique, son salaire lui permettait ces voyages lointains.
La rupture de la vie parisienne était devenue vitale.
 La voix plate du haut parleur annonça l’embarquement pour le vol Singapour avec la compagnie Cathay Pacific.
Luc suivit le mouvement, trouva son siège en classe économique côté hublot. Un peu juste, ses grandes jambes avaient du mal à se positionner. Il espérait que la place à ses côtés ne soit occupée par une personne trop corpulente. Même s’il ne craignait pas l’avion, une petite crainte l’effleurait. Il ne put s’empêcher de se crisper, les tours de New York lui vinrent à l’esprit lorsqu’il vit prendre place sur les sièges devant lui deux femmes couvertes de leur burqa accompagnées d’un grand gaillard barbu. À travers le voile grillagé de tissu leurs yeux noirs croisèrent furtivement son regard.
L’Indonésie, plus grand pays musulman du monde n’était pas un obstacle. Il appréciait  ce peuple, cette mosaïque d’ethnies, la population toujours prête à rendre service avec le sourire. En France, le progrès, la société de consommation, avaient distendu les liens d’autrefois.
Un couple de jeunes Malaisiens prit place à ses côtés.
Le 747 commença à rouler sur le tarmac et défilèrent d’une voix monocorde les recommandations de sécurité d’usage en cas d’accident. Peu de passagers écoutaient les  jolies hôtesses joignant les gestes aux paroles des hauts parleurs. Le décollage s’effectua sans problème, de longues heures allaient s’écouler dans ce confinement. Tout est prévu afin de passer le temps, cinéma, radio, les hôtesses sont aux  petits soins de leurs passagers.
La conversation s’engagea avec le couple voisin dans un français mélangé d’anglais. Le grand barbu se mêla à la discussion et Luc trouva l’homme sympathique. Ses femmes enfermées dans leur cage de tissu ne prononcèrent pas  une parole.
 Après des heures de conversation, la fatigue de la soirée, Luc s’endormit.
À Singapour, à la suite d'une vérification sérieuse d’identité il rejoignit la salle de transit. Trois heures d’attente avant l’envol pour Jakarta. Ses voisins de voyage débarquèrent, il ne les revit plus. Le vol jusqu’à la capitale Indonésienne  s'effectua sans encombre. Luc avait prévu de prendre le train  jusqu’à Yogyakarta, de là il se rendrait à Surabaya en bus. Dans ce port il embarquerait sur un  bateau à destination de son île. Lors de ses précédents voyages il se rendait à Surabaya en avion, mode plus rapide, mais moins attrayant. Il avait du temps devant lui, la découverte de nouveaux paysages le réjouissait. Le train partait le lendemain matin, il prit une chambre dans un hôtel modeste et rêva à l’aventure qui l’attendait, ses vacances commençaient réellement.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:03

                
     Assis dans  son fauteuil confortable, face à son bureau monumental en bois rare, Dan parcourait sa vie de réussite.
 En réalité il ne s’appelait pas Dan Friman, mais Khaled Y. Il avait choisi ce nom à consonance Américaine lors de sa naturalisation ce qui  permit son ascension dans la haute société locale.
 Dan était né au Caire dans une banlieue déshéritée. Poussés par la misère, ses parents et ses quatre sœurs étaient arrivés  à Chicago, il avait alors cinq ans. Son père fut embauché comme homme à tout faire dans une usine d’agroalimentaire. Dan se souvenait de cette vie de privation, de son père éreinté par les durs travaux pour ramener quelques dollars afin de nourrir ses cinq enfants. Etait réservé à son père comme à beaucoup d’émigrés le travail dévalorisant, mal payé.
Dans la cité délabrée à l’extérieur de la ville où ils habitaient, le petit Khaled ramenait quelques billets, il participait ainsi à la vie de la famille.
 Déjà il avait compris que dans ce milieu, être le plus fort était la règle absolue. Avec les garnements du quartier il organisa sa bande, larcins et autres chapardages devinrent  leur lot quotidien. À l’école il travailla comme un forcené, à huit ans il parlait et écrivait l’anglais parfaitement.
Le petit Khaled menait de paire sa vie scolaire et sa vie de voyou. À dix ans, avec sa bande il cambriolait les villas cossues des beaux quartiers. Plusieurs fois il se fit interpeller par la police, mais on le relâchait, on passait l’éponge. Les juges ne résistaient pas à son beau minois, son air de gentillesse, son intelligence et son travail scolaire.
 À seize ans il quitta l’école avec une bonne base de connaissances et se lança dans les affaires. La drogue était le commerce le plus lucratif. Il mit sur pied un réseau important et amassait une petite fortune. La lutte était rude entre les bandes armées jusqu’aux dents, pour éliminer ses concurrents il n’hésitait pas à aller jusqu’au crime, mais toujours par personne interposée.  Il devait garder les mains sans tache de sang, son avenir était à ce prix. Tous ses actes étaient étudiés, blanchiment d’argent, paradis fiscaux, trafic en tout genre, toute preuve de culpabilité devait disparaître. Il connaissait toutes les ficelles pour défier les meilleurs limiers du FBI, il  s’entourait des meilleurs avocats.
 À vingt six ans, lors d’un cocktail, Dan rencontra David Wilson et sa femme Cherry, une amitié mutuelle les lia profondément. David, de vingt cinq ans son aîné  était un personnage très influent, ses entrées à la maison Blanche étaient de notoriété. Le gouverneur de l’Illinois était un de ses meilleurs amis. Son grand père forgea sa fortune dans la fourrure, son père fit prospérer ce commerce très lucratif à cette époque, puis se lança dans l’agroalimentaire. Il créa une banque spécialisée pour l’aide à l’agriculture. David continua à faire prospérer la fortune familiale, investit dans une multitude de sociétés, dont les puits de pétrole.
  Aujourd’hui David était à la tête d’une des plus grandes fortunes des Etats Unis. Cependant, il n’avait pas d’enfant, sa femme et lui en étaient attristés. Au fil du temps Dan était devenu leur fils, le fils tant désiré.
Cette amitié déclencha en Dan un besoin impératif de probité, d’honnêteté.
Aussi, il prit la décision de faire disparaître toute trace de sa vie passée. Tous les moyens étaient bons pour se forger une respectabilité à toute épreuve.
Il rompit avec ses anciens amis et complices, ils eurent sans exception de malencontreux accidents mortels. Ainsi se trouva-t-il à même pas la trentaine avec une excellente virginité.
David et Cherry lui présentaient Marilyne, une nièce célibataire. Cherry rêvait d’un mariage de sa nièce avec Dan. À force de persuasion, elle convainquit Marilyne d’accepter.  Avec hésitation la jeune femme finit par céder  à cette union. Dan s’empressa de consentir et se convertit à la religion de sa future femme. Une si belle fortune ne pouvait se refuser. La cérémonie du mariage fut l’occasion d’une grande fête et propulsa Dan au sommet de sa notoriété. Un an après la célébration du mariage naquit un fils, Tommy. Dan Friman fit son entrée dans la haute société, très en vue, on parlait même de politique, pourquoi pas….
 Dan se leva nerveusement de son vaste fauteuil, se dirigea vers les deux baies vitrées, se campa raide sur ses jambes, il admira la vue sur le lac Michigan. Son tour d’horizon se termina sur une forêt de grattes ciel dont certains étaient sa propriété. Ses actions en bourse ne cessaient de monter, les puits de pétrole qu’il s’était appropriés par l’intermédiaire de son ami David lui apportaient des revenus importants. À Las Vegas, il veillait à ses salles de jeux, là aussi des revenus tout à fait légaux. Il pensait à ses comptes secrets dans divers endroits du monde, dont lui même ne connaissait qu’approximativement les montants faramineux.
 Les quatre derniers étages du building étaient occupés par le siège de sa société. Une pléiade de financiers, d’avocats, de conseillers, de secrétaires si activaient dans la plus grande transparence.
Son ami David  était enfin décidé à prendre sa retraite progressivement et désigner son successeur et légataire de sa fortune. Dan attendait depuis plus de quinze ans cet instant, ils allaient enfin signer le document d’une importance capitale. Cette association allait lui permettre de poursuivre et d’améliorer son ambitieux projet secret. Combien de fois Dan avait rêvé à cette signature, il lui avait fallu être patient, user de toute son habilité avec David, faire des courbettes à Cherry.
 Du haut de son immeuble de plus de cinquante étages et de son ambition il regarda sa montre, David était toujours à l’heure.

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 16:00


   Luc s’étira, heureux, sans contrainte, sans soucis.
Une douche froide effaça la fatigue de la veille, sac à dos et bagages il quitta la chambre.
 Devant l’hôtel, il héla un ‘Bajaj’, vespa taxi, transport courant à Jakarta,  « the railway station, please ». Le taxi s’engagea à travers les embouteillages infernaux, toutes sortes de véhicules aussi rudimentaires les uns que les autres, de rares limousines. À la gare, avec quelques difficultés de compréhension il prit son billet. Il se dirigea vers les quais bondés d’une foule compacte chargée de paquets disparates, certains volumineux. Luc se demandait comment tout ce monde pourrait loger dans le train. Une heure de retard était annoncée, une anomalie courante en Indonésie. La patience est une qualité indispensable dans ces contrées, l’attente se fait avec le sourire et le calme. Le train fut formé dans un bruit assourdissant.
Dans la cohue il se faufilait et trouvait une étroite place entre le côté fenêtre et une jeune femme, deux petits enfants sur ses genoux. Le train brinquebalant s’ébranla, à petite vitesse  entreprit son parcours.
Dix heures environ de trajet jusqu’à destination, d’ailleurs le terminus. Les passagers prenaient leur repas, toutes les odeurs épicées, sucrées se mélangeaient. Luc ne se lassait pas de cette ambiance bruyante et colorée. Son regard  était émerveillé par ce paysage luxuriant, fleuri, les petits villages sur pilotis apparaissaient à peine dans cette dense végétation. Au loin, les volcans endormis dominent majestueusement les rizières. La vie en Asie est un spectacle permanent et toujours varié. La France était très loin de ses pensées, ses petits tracas s’étaient envolés comme par enchantement.
Le train s’immobilisa, déjà Yogyakarta, le temps était passé si vite, il en était tout étonné. Il trouva une chambre dans un hôtel local proche de la gare, simple, propre, pour quelques rupiahs.
Luc décida de rester une journée et visiter le site de Prambanan, situé à quelques kilomètres de la ville et réserva deux nuits.
Après une nuit de repos il se mit en quête d’un moyen de locomotion.  Rapidement le prix de la journée fut conclu et en compagnie de son jeune guide-chauffeur ils partirent  en vespa taxi à la visite du site. En slalomant entre les véhicules hétéroclites à une vitesse qui semblait vertigineuse ils arrivèrent en vue du site célèbre, proche du volcan Merapi.
Luc s’émerveilla à la vue de la multitude de temples indous et bouddhistes dont certains sont remarquablement préservés, d’autres en cours de restauration.
Le guide chauffeur connaissait parfaitement le site et expliqua en détails l’histoire de ce patrimoine mondiale de l’humanité. « Dans mes prochains voyages je resterai au moins une dizaine de jours à Java » se disait-il.
Luc et son guide se sustentèrent à un prix dérisoire dans une de ces petites cuisines ambulantes nombreuses en Indonésie. De temps à autre  un gamin l’accrochait par le bras, le regardait de ses yeux suppliants, Luc  lui tendait quelques rupiahs, un sourire éclairait alors le visage de l’enfant. Il était bouleversé par tant de pauvreté, de misère, aussi tenait-il  quelques billets à portée de main.
 Par un magnifique coucher de soleil sur le volcan, la journée s’acheva trop vite.
Luc rejoignit son hôtel, rassembla ses affaires afin d’être prêt le lendemain matin de bonne heure. Le départ était prévu à six heures, le bus serait en retard comme tous les transports, sait-on jamais.
Le lendemain avec deux heures de retard, le véhicule dans un état lamentable, sièges défoncés, vitres ne fermant plus, prit la route. Bourré de passagers, galerie chargée de paquets en tout genre, les ressorts de ce pauvre bus criaient au secours, mais le moteur tournait comme une horloge. 
Après douze heures de route tapissée de nids de poules, de multitudes arrêts, trois crevaisons et une traversée de paysages époustouflants de beauté, Surabaya était en vue. Surabaya n’a rien d’une belle ville, c’est un grand port, bruyant et sale.
Luc trouva à se loger dans un hôtel pas très reluisant, prit un repas rapide dans une petite gargote. Dans sa chambre une douche effaça la fatigue, il s’endormit jusqu’au matin sept heures. Un bol de riz mélangé à des morceaux de poulet, le tout très épicé, lui fut servi en guise de petit déjeuner.
Au port il trouva un ferry qui desservait de nombreuses îles et son paradis.
Comme toujours chargé au moins trois fois sa charge normale, le ferry prit la mer. Luc trouva une petite place inconfortable entre deux paquets d’on ne sait quoi et une famille nombreuse bol de riz à la main, les Asiatiques mangent à n’importe quelle heure de la journée. Luc chercha une place plus spacieuse, un petit coin parmi les baluchons fit l’affaire.
Il s’endormit comme une souche, le décalage horaire faisait son effet. Après avoir desservi plusieurs ports le ferry accosta dans son eldorado.
  Luc ne regrettait pas d’avoir choisi ce mode de transport, même s’il était plus long et fatigant, les relations avec ces populations étaient si conviviales.
Il débarqua, prit un taxi datant de la préhistoire et se dirigea vers son lieu de vacances situé à une trentaine de kilomètres du port de commerce.

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:56


     David, ses avocats et conseillers prirent l’ascenseur, atteignirent le cinquantième étage où l’attendait Dan, son héritier. Il voyait en Dan son seul successeur possible, ainsi après sa mort, ses efforts seraient poursuivis et même améliorés. David et cherry le considéraient comme le fils qui leur avait tant manqué.
Ils ne voulaient pas entendre les mises en garde de quelques uns de leurs amis. Cherry était subjuguée, envoûtée par ce bel enjôleur. Il était arrivé à David d’avoir quelques doutes, sa femme le rassurait et lui disait, « je le sens, c’est un homme sincère, j’en mettrai ma main à couper, inconcevable qu’il puisse nous berner. Je le vois bien, lui et Marilyne forme un couple uni, Tommy est un garçon si gentil, c’est notre seule famille». Rassuré, David répondait « je suis trop soupçonneux, tu as raison Cherry. »
Avocats et conseillers allaient directement dans la salle de réunion. À la porte du bureau de Dan, David frappa discrètement, une voix forte et joyeuse l’invita à entrer.
Ils  s’étreignirent comme ils le faisaient à chaque rencontre.
Vraiment l’amitié paraissait si sincère, « Cherry a raison » pensa David. Ils entrèrent bras dessus, bras dessous dans la vaste salle de réunion.
Dan et David, entourés de leurs juristes et conseillers prirent place autour de la grande table ovale en bois de merisier.



Malgré les tableaux de maîtres accrochés aux murs, le lustre en cristal imposant, les sièges de style, la pièce était sans attrait. 
Tous se mirent au travail, les grandes lignes du contrat stipulaient qu’en cas d’accident Dan Friman devenait légataire exclusif de tous les avoirs.
 Leur accord fut entier, aucune ombre ne vint obscurcir la crédulité de David, ils se quittèrent heureux.
Les secrétaires entrèrent en action, il fallut plus d’une semaine de rencontres journalières afin de finaliser l’accord, tout fut fait selon les règles en vigueur. David continuerait à gérer ses affaires, Dan prendrait progressivement connaissance des diverses sociétés. Ainsi, en cas de maladie, d’accident ou de vacances, Dan serait en mesure de prendre les décisions nécessaires, le cas échéant de succéder à son ami.
La signature de ce contrat unissait deux grosses fortunes des Etats Unis, ce fut l’occasion d’une soirée dans un grand restaurant de Chicago.
 Le gouverneur de l’état ainsi que ceux des états voisins, deux secrétaires d’état de la capitale, le monde des affaires et des arts furent conviés à ces agapes. 
Dan était à l’apogée de sa puissance, il observait tout ce beau monde lui faire des ronds de jambes. « Oui, » se disait-il « Je suis sur le chemin du pouvoir suprême, le chemin sera encore long et semé d’embûches, mais moi, le petit misérable des faubourgs du Caire, dirigerai ce monde injuste».
Après une succession de discours élogieux, un repas fut servi, le champagne coula à flot. La soirée se termina dans la joie, ce fut un succès. Dan  rejoignit sa chambre, s’endormit et plongea dans un  rêve de lumière dont il était le centre.
Marilyne retrouva un peu de quiétude dans sa propre chambre, son mari l’effrayait, la peur la tenaillait, l’intuition d’un malheur ne la quittait pas. Tôt le matin elle s’endormit d’un sommeil tourmenté.
  Les semaines suivantes Dan et David consolidèrent leur association. David laissa progressivement son successeur prendre la direction de ses affaires.
Après quelques mois de gestion commune David jugea Dan suffisamment informé. Quelques semaines en vacances dans sa propriété du Montana seraient les bienvenues. Cherry en était ravie, elle et son mari pourraient se retrouver, vivre paisiblement, jardiner, jouer au golf, faire de longues promenades en forêt.
Il faisait un temps splendide, la limousine chargée, David et Cherry prirent la route vers leur propriété située à plus de mille cinq cents kilomètres. Ils tenaient à faire la route sans chauffeur contrairement à leurs habitudes, être tous les deux seuls le plus tôt possible.
Cherry au volant, David rêvait aux vacances merveilleuses qu’ils allaient passer en tête à tête, oublier les affaires, la finance, les obligations mondaines.
À cents kilomètres de route ils firent une halte afin de se restaurer. Le repas terminé ils se délassèrent par une promenade dans le parc boisé du restaurant et reprirent la route. Les paysages défilaient, ils parlaient de choses et d’autres. Depuis des années ils vivaient l’un à coté de l’autre sans véritablement se parler, ces vacances allaient les rapprocher, ils étaient heureux.
À la moitié du parcours, dans un motel ils prenaient un repas léger et se couchaient.
Le repos fut réparateur, le lendemain matin, en chantant gaiement des airs connus, ils continuèrent leur trajet.
Dés leur départ, une grosse voiture aux vitres teintées garée à l’arrière du motel démarrait et les suivait à distance.
Dans la joie de se retrouver Cherry et David ne la remarquait pas, l’auraient-ils vue, se seraient-ils méfiés ?, certainement pas, ils étaient si joyeux.
 À midi ils s’arrêtèrent, prirent un repas et s’engagèrent sur la portion du trajet la plus accidentée.  La voiture noire toujours à la même distance ne les quittait pas. David au volant, Cherry côté passager devisaient avec humour, un virage prononcé s’annonça. David poussa un cri, le volant tourna dans le vide, la pédale de freins s’enfonça sans résistance. La limousine traversa la balustrade de sécurité, plongea dans le ravin profond à cet endroit, la voiture noire passa en trombe, puis, plus rien, un silence de mort.

 

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:51

                
    À l’hôtel, plutôt une pension de famille, Luc retrouva la chambre simple, propre, de ses derniers séjours. Une couche un peu dure pour un occidental, une douche, un lavabo et un
w. c sur le palier, ce confort lui suffisait amplement.
De la petite fenêtre de la pièce, à travers une abondante végétation il apercevait le petit port de pêche et l’immensité de l’océan. Il rangea ses affaires sur des étagères et sortit les cadeaux. Il ferait la tournée de ses amis le lendemain matin.
Dans cette île pas de touristes ou si peu, son voisin de palier, un australien, un peu rustre et marginal logeait là depuis plusieurs années. Ils avaient sympathisés, parfois une partie de pêche les réunissait. Les repas se prenaient dans la convivialité à la table des propriétaires.
Le repas du soir terminé, Luc monta dans sa chambre, protégé par la moustiquaire il s’endormit aux sons d’une multitude d’insectes.
Le soleil levant le réveillait en pleine forme, il allait vivre des vacances formidables, il en était persuadé.
Après un bon petit déjeuner composé de riz, poulet, légumes, fruits, arrosé de thé, il entreprit la visite de ses connaissances.
 Entre poulets hauts sur pattes, cochons noirs et autres animaux de ferme il se dirigea vers l’habitation de la famille de son ami.
Lam était rarement dans son île, il travaillait à Singapour dans une grande entreprise commerciale. Il fut reçu dans la tradition d’hospitalité, il offrit les présents choisis en France. Ces petits souvenirs, aux yeux de ces indonésiens  prenaient une dimension immense.
Il fit le tour du village un petit cadeau par ci, par là, il n’oublia personne, pas même Harry son copain l’australien.
Le lendemain à la pointe du jour, Luc louait pour une somme modique un voilier rudimentaire muni d’un petit moteur.
Le ciel était bleu, une légère brise gonflait la voile. La mer parsemée de nombreuses îles plus ou moins grandes, la plupart inhabitées, était calme. Le soleil matinal se reflétait dans les eaux orangées par ses rayons. Luc n’était pas un marin chevronné, mais il connaissait cette région et ne s’éloignait pas  des côtes. Sa première sortie fut un délice, la France était loin,  ses préoccupations professionnelles s’étaient envolés.
 Il décidait de trouver un moyen d’aborder dans cet îlot d’environ quatre kilomètres de diamètre. Ce caillou l’avait toujours fasciné, une envie irrésistible de monter sur son plateau le taraudait, il ne pouvait expliquer pourquoi.
 Lors de ses vacances précédentes, à plusieurs reprises il en avait fait le tour sans pouvoir accoster. L’îlot était couvert par une végétation dense, sur son plateau des arbres immenses le dominaient, des côtes hérissées de falaises abruptes en interdisaient l’accès. Luc aperçu une anse qu’il n’avait pas repérée lors de ses précédents voyages.  L’entrée était étroite, avec hésitation il engagea son bateau. À l’intérieur il découvrit une véritable protection, un petit plan d’eau calme et fermé. Son regard parcouru la rive de ce petit port naturel, le sommet de l’îlot paraissait  infranchissable.
  À l’instant où il s’apprêtait à quitter le lieu il fut saisit. Caché derrière une végétation rabougrie il décela un escalier de marche inégales, taillées dans la roche. « Il est donc possible d’accéder au sommet et atteindre le plateau » pensa-t-il. Une seconde, il envisagea d’entreprendre l’ascension. Après réflexion, la matinée était trop avancée, il remit l’aventure au lendemain matin. 
Il mit le moteur, sortit de l’anse et se dirigea vers le petit port du village.
La journée passa lentement, il n’arrivait pas à se détacher de son îlot, en parler à l’Australien l’avait effleuré, mais il préférait entreprendre la visite seul.
 Dans sa petite chambre il eut du mal à fermer l’œil, son obsession, cet escalier, où menait-il ? qui avait taillé les marches dans la roche ? dans quelle intention ?.
Le jour  pointait à peine, Luc sauta de sa couche, une toilette rapide, un déjeuner avalé, il prit quelques provisions, du pain, quelques mangues, de l’eau et courut jusqu’au port.
Il fit le plein de carburant, emporta quelques cordes solides, elles pourraient servir.
Sa voile rapiécée au vent, la petite barque fendait l’eau avec douceur. Luc n’attardait pas son regard sur le magnifique lever du soleil, l’aventure était là.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:47


      Vêtu d’une djellaba, coiffé à la pakistanaise, l’homme assis sous l’énorme banian centenaire méditait, défilait entre ses doigts son chapelet.
Son regard se porta sur les montagnes qui l’entouraient, au loin les cimes enneigées effleuraient le ciel. Il aimait cette région aride et sèche, les habitants l’avaient toujours accueilli, protégé, admiré. 
  Malgré la multitude de grottes, de caches qui truffaient la région, rester dans cet endroit devenait risqué. Les hélicoptères survolaient la zone, partir d’urgence s’imposait. Les recherches se rapprochaient dangereusement, sa tête était mise à prix, « qui ne serait pas tenté par cette somme

faramineuse ?» pensait-il.
Son rêve depuis toujours était de dominer le monde avec l’aide de dieu. Pour atteindre son but il pouvait compter sur les pays riches dont il dénonçait la luxure, le pillage des richesses de la planète. Le discours était toujours le même, désigner les responsables à des populations sous le seuil de pauvreté, la plupart illettrées.
L’homme connaissait la vie de ces riches occidentaux au détriment de la masse de travailleurs, lui même était issu d’une famille fortunée du golf.
Son meilleur allié dans ce monde, dieu, y croyait-il ? peut-être.
L’homme au banian se sentait investi d’une mission, faire appliquer la justice de son dieu, une justice écrite par des hommes.
L’Islam est la plus grande religion du monde avec une population de plusieurs millions de croyants, pratiquants et pauvres. Agir vite, si les conditions de vie, d’instruction, d’information de ces peuples s’amélioraient, il serait trop tard, sa parole ne serait plus écoutée, sa doctrine mise en doute. 
Péniblement il se leva, étira son long corps maigre, se dirigea vers un bosquet d’arbustes, écarta la grande bâche kaki et entra dans une grotte immensément grande blanchie à la chaud. La salle était meublée sommairement, une table, des chaises, le sol recouvert de tapis.
Servaient de chambres à coucher des espèces d’alvéoles creusées  dans la roche. Parmi ces pièces, une contenait des ordinateurs, caméras, appareils photos, émetteurs radio et autres matériels de communication.
 Une dizaine d’hommes habillés traditionnellement étaient attablés, parmi eux un américain d’origine Algérienne.
L’homme prit place à la droite de son second dont-il avait une confiance absolue, d’un signe de tête il lui donna la parole. « Dans deux mois nous serons dans nos nouveaux locaux, ils seront prêts. Il faut organiser le transport des hommes, les identités seront prêtes, le matériel n’est pas un problème. Pendant le voyage nous serons habillés à l’occidentale, les barbes seront discrètes, afin de ne pas nous faire remarquer nous partirons séparés». Il se tourna vers l’homme au banian, « nous ferons la route en voiture jusqu’à Delhi, c’est plus sûr.
 À l’aéroport nous prendrons l’avion sous une identité Indienne. Nous transiterons à Hongkong, aéroport moins contrôlé, moins tatillon que Singapour. Nous atterrirons à Jakarta, dans cette région nous avons un important soutien, nous pouvons lui faire confiance. Le reste du groupe recevra directives et passeports  sous peu. Si tout va bien nous serons en sécurité au plus tard dans les trois mois ». L’homme n’avait pas ouvert la bouche, les yeux mi clos, il écoutait. Cependant un pressentiment traversa son esprit, on voulait l’évincer, la présence de cet américain le lui confirmait. Son chauffeur installé à l’extrémité de la table n’osait lever les yeux vers lui, l’incertitude s’installait dans son esprit. La réunion se termina, l’homme rejoignit l’abri du banian, les sens en alerte.
Tout autour de la grotte des hommes en armes montaient la garde, un pic la surplombait, au sommet on y devinait une sentinelle.
En contre bas du campement, un village d’un millier d’habitants.
 C’était jour de marché aux bestiaux, les vaches, les moutons et autres animaux de ferme occupaient les rues de la bourgade, les tractations allaient bon train.
 Dans cette zone tribale, les habitants faisaient leur marché armes en bandoulières. Les magasins de kalachnikovs, de pistolets et armement en tout genre étaient légions.
Contrairement à l’habitude une certaine animation y régnait. Il allait partir, il, lui l’homme, le dieu, ici il était vénéré, le seul rempart contre l’invasion occidentale.
De petits groupes se formaient, on discutait, de multiples questions interpellaient les habitants, où allaient-ils ? quelle cache ? allaient-ils quitter leur village ?.
Ils voyaient bien les avions, les drones, les hélicoptères survoler la région. On ne pouvait le capturer, un saint est insaisissable.
Circulait le montant de la prime octroyée à celui qui ferait arrêter l’homme, somme importante pour des gens pauvres comme eux.
Il ne fallait pas y compter plutôt mourir que de dénoncer leur dieu, la tradition du silence était tellement ancrée, personne n’oserait la trahir.
À l’écart de l’agitation, un pauvre homme d’une cinquantaine d’années assis à même le sol semblait somnoler.
 Le malheureux habitait au bout du village une masure entourée par les montagnes truffées de grottes. Le soir à la tombée de la nuit il apercevait l’homme sous l’énorme banian.
Dans une misérable pièce vivaient entassés sa femme, ses six enfants et sa mère très âgée.  Jouxtait la masure une étable avec quelques volailles et son maigre cheptel, deux chèvres un âne. À quelques centaines de mètres un lopin de terre stérile, lorsque la sécheresse n’avait pas trop sévi on pouvait espérer récolter quelques quintaux de céréales. Il avait toujours vécu dans cette habitation, elle venait de son père qui lui la tenait du sien et ce depuis des générations.
Le pauvre homme était tenaillé par l’envie de cette importante somme.
 Ainsi il sortirait de sa misérable condition et ferait vivre sa famille décemment durant des générations. Des jours et des jours l’homme hésita, pouvait-il dénoncer l’homme ? dans cette zone tribale le silence est de rigueur, son instinct le lui interdisait, mais l’appât était si tentant.
 Trahir l’homme, le défenseur de leur cause, de leur dieu, non, il ne fallait plus y penser.
Les jours passèrent, le pauvre homme se confortait, il ferait promettre aux militaires de taire son nom, de protéger sa famille. Il le savait, en cas d’échec c’était la mort assurée.
Après avoir mûrement mesuré les risques, les avantages, sans avoir prévenu sa famille, aux aurores, avec son âne il prit la route de la garnison militaire la plus proche.
 « Et si les militaires étaient de mèche avec ceux de la grotte ? » se disait-il, il effaça cette pensée de sa tête.
En cheminant, il construisit sa nouvelle maison, échafauda le plan. Quelques lopins de terre lui suffiraient, ses six enfants, sa femme, sa vieille mère seraient à l’abri de la famine.
La journée s’écoula, il trouva un endroit tranquille, étendit son tapis de prières se tourna vers la Mecque et pria dieu de l’aider dans son entreprise, de lui pardonner, il était si pauvre.
Tout à ses rêves, le malheureux homme ne vit pas le magnifique coucher de soleil, le dernier de sa triste existence. À côté de son âne, il s’allongea sur son tapis, se couvrit d’une chaude couverture, les nuits son fraîches dans cette région. Après une nuit à la belle étoile, alternée par rêves et cauchemars, il reprit la route. Le soleil apparaissait à peine, le malheureux homme arrivait devant la guérite de la caserne. La peur au ventre, il demanda à la sentinelle, « Je voudrai parler à votre commandant, J’ai une information  importante à lui communiquer » « Je vais voir s’il peut te recevoir » répondit le soldat sur un ton brusque. On le fit attendre jusqu’à midi dans une pièce meublée d’une chaise. La crainte le tenaillait, il se mit à trembler, réalisa son erreur, il voulut fuir, trop tard un militaire lui ordonna de le suivre. 
Ils entrèrent dans un bureau, un gradé le toisa « Parlez, vite, j’ai autre chose à faire, que voulez vous » intima l’officier. En bredouillant le pauvre homme répondit, « je sais où se cache l’homme que vous recherchez ».
La réaction ne se fit pas attendre, d’un ton glacé le gradé lui lança, « ce n’est pas bien de dénoncer un de nos frères, nous savons où il se trouve », le pauvre homme devint cramoisi, la main d’un militaire lui saisit brutalement le bras, le traîna dans un lieu d’où il ne revint jamais.
Dans le village, à part sa famille, pas une âme se préoccupa de la disparition du pauvre homme.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:41


    Le lendemain de l’accident, un automobiliste intrigué par la barrière de sécurité défoncée alerta les secours.
Les pompiers découvrirent dans le profond ravin le corps de David calciné, imbriqué dans un tas de ferraille et celui de Cherry à plus de cinquante mètres du véhicule entièrement disloqué.
La mort tragique de Cherry et David Wilson fit la une de tous les journaux. Une certaine presse osa insinuer la responsabilité de Dan Friman. Ces quelques journaux furent menacés par une pléiade d’avocats d’atteinte à l’intégrité morale et de diffamation envers leur client, plus un seul article menaçant ne parut.
Cependant les langues se déliaient, la rumeur circulait,  « Dan Friman  n’est sûrement pas étranger à cet accident ».
Grand seigneur, Dan fit intervenir la justice de l’état et une enquête fut diligentée. À la télévision il déclarait la larme à l’œil « Toute la lumière sera faite sur les circonstances de l’accident de mes amis. S’il s’agit de meurtre, les coupables seront jugés et condamnés ».
 L’état de la voiture permettait difficilement de démontrer si les freins, la direction avaient été trafiqués. Les experts désignés par les enquêteurs l’assuraient, l’accident était dû à l’inattention du conducteur. Les proches des Wilson doutaient du sérieux et la fiabilité de l’expertise.
Malgré les comptes rendus de l’enquête la rumeur persista encore quelques temps, puis le calme revint. L’honnêteté de Dan ne fut plus remise en cause, son intégrité était officiellement reconnue.
  Aux obsèques, devant les cercueils, Dan vêtu de noir, l’air attristé, fit l’éloge de ses meilleurs amis Cherry et David. En retrait, Marilyne soutenue par son fils était en pleurs.
 Dés le lendemain de l’enterrement il convoqua ses avocats afin de  régler la succession.
La régularité de la procédure devait être sans tâche, des journalistes curieux et fouineurs étaient à l’affût. Dan détestait et se méfiait comme la peste de tous ces journaleux. Ses importantes actions dans bon nombre de journaux lui permettaient de  museler la majorité des rédactions. La tempête médiatique passée, la fortune de David en sa possession, Dan Friman devint une personnalité les plus enviées et respectées des Etats Unis.
Il pouvait enfin se vouer entièrement à son ambition, mettre à genoux cet occident orgueilleux. Le petit cairote des faubourgs allait montrer la puissance de ces peuples méprisés, rejetés.
Deux personnes à Chicago étaient informées de ses plans.
 L’un, Memet, d’origine yéménite, islamiste convaincu, soutient fervent à la cause intégriste, Dan l’envoya  en Indonésie préparer une importante réunion. Arrivé tout jeune en Amérique, il s’était marié à une Pakistanaise, le couple formait avec ses deux enfants une famille américaine issue de l’immigration comme il en existe tant aux USA. Memet n’avait qu’une idée, être le bras de dieu et punir les infidèles.
  L’autre, Ali, d’origine Algérienne, naturalisé Américain, fanatique de l’islam, Dan l’envoya au Pakistan. Il devait prendre contact et organiser la rencontre avec l’homme au banian, lui aussi depuis des années vivait aux Etats Unis. Marié à une Américaine, trois enfants, il était un lien important de l’organisation, un intermédiaire sur lequel Dan pouvait compter.
Ces deux hommes étaient parfaitement intégrés dans la société Américaine. Ils habitaient  dans des quartiers bien tenus, étaient appréciés de leur entourage, avaient de nombreux amis dans divers milieux, des emplois bien rémunérés.    
De son bureau, dans sa position favorite, Dan campé droit sur ses puissantes jambes, le regard sur le lac, le visage marqué par un rictus de haine, se voyait à la place de l’autre, l’homme au banian.
Il savait l’homme fatigué, amoindri, sa disparition ne tarderait pas, avec un peu d’aide si nécessaire. Dans les régions pauvres du tiers monde l’homme au banian était apprécié, adulé, considéré comme un dieu. Dés les premières rencontres, Dan devait entrer dans son estime, le mettre en confiance.
Il convoqua les responsables en charge des relations avec l’Indonésie concernant la recherche de pétrole et minerais dans la région. Les accords de prospection dans certaines îles Indonésiennes étaient conclus et prêts à la signature entre les diverses sociétés et l’état indonésien.
Dan annonça à son  directeur, un peu surpris « Je vous accompagnerai, nous prendrons mon avion personnel, j’en profiterai pour rendre visite à un ami de longue date dans ce pays.  Préparez les dossiers nécessaires, je vous indiquerai la date de départ. Pour le retour vous prendrez un avion de ligne». Ce n’était pas dans la pratique de Dan d’accompagner son directeur dans ce genre d’affaires.
Le directeur ne s’attarda pas sur cette résolution, loin de se douter des activités de son patron.
 Dan fit plusieurs voyages dans certains pays où il possédait des comptes. Son entreprise ambitieuse nécessitait des sommes colossales.
Les messages entre les réseaux dormants des  USA et l’équipe de l’homme au banian furent nombreux. Il s’agissait de faciliter et préparer au mieux la rencontre dans le secret absolu.
Aucun document ne citait le nom de Dan Friman, les seuls impliqués Memet et Ali, dans le cas de difficultés ces deux là ne feraient pas de vieux os. Dan leur faisait confiance, leur croyance en dieu était telle qu’il n’y avait  pas de risque.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:38


        Arrivé aux abords de l’îlot mystérieux, Luc fit un tour complet et ne découvrit aucune autre possibilité d’aborder.
Une inquiétude le saisit, devait-il entreprendre cette excursion seul ?. Il fit un autre tour, admira la végétation luxuriante sur le plateau de l’île. Il ne prêta pas attention au  porte conteneur géant immobile à quelques encablures de l’îlot.
Encore quelques hésitations, puis au moteur il glissa la barque dans l’étroit passage. Dans l’anse il accosta au plus prés des rochers et lança la corde de chanvre sur le rivage.
Une planche en permanence au fond de l’embarcation servit de passerelle, juste assez longue pour lui permettre d’atteindre un petit promontoire. Il noua la corde à un maigre arbrisseau qui paraissait là tout exprès.
Luc commençait à gravir les marches irrégulières, la montée s’avérait facile, trop peut-être.
Il se retourna, vit son bateau en contre bas se balancer doucement au grés d’une légère houle, il semblait lui dire, « vas-y, je t’attends ».
  Après une bonne demi-heure d’escalade sans obstacle, il arriva sur le plateau. La forêt primaire occupait l’espace, la végétation  y était dense, infranchissable. « Il m’aurait fallu un coupe-coupe » pensa-t-il.
 Du haut de la falaise, il admira le superbe panorama,  aperçut le cargo stationné en pleine mer, ne s’en inquiéta pas. Il allait redescendre lorsque il vit une espèce de trouée, il écarta  branches et lianes, apparut un sentier.
Quelqu’un était passé par là il y a longtemps, la végétation de ses jeunes pousses avait repris ses droits et refermé le passage. Il s’avança, fit un mètre puis deux, continua ainsi avec une facilité étonnante. Sans aucun doute le chemin avait été très utilisé dans le passé.
À son passage, des oiseaux marins peu habitués à être dérangés faisaient un bruit infernal.
Des arbres centenaires formaient une canopée impénétrable. Une pénombre causait une atmosphère inquiétante. La peur frappa Luc, un malsain pressentiment le saisi, il ne pouvait en déterminer la raison. Il regarda sa montre, onze heures et demi déjà. Quelle distance avait-il parcourue ? un kilomètre ? plus peut-être ?, quatre heures s’étaient écoulées, il décida de rebrousser chemin.
À l’instant où il s’apprêtait à faire demi tour, il entrevit deux énergumènes camouflés dans les arbres feuillus lui tomber dessus. En un tour de mains ils le ligotèrent comme un saucisson, lui enfilèrent une cagoule, le noir complet l’inonda. Il voulut crier, un scotch lui ferma la bouche. Soulevé, mis sur des épaules puissantes,  il ressentit la marche saccadée de son porteur. Les deux individus marchaient en silence. Ils allaient le tuer, avait-il découvert un secret ?.
Dans cet inconfort, il s’en voulait d’être venu là, et surtout  de ne pas avoir signalé son escapade dans cet îlot. Luc perçut à la démarche de l’individu une  abrupte descente.
 Il entendit une ouverture de porte, on le laissa tomber à terre comme un sac. Le sol était dur, « du métal », pensa-t-il, puis plus rien, tout à coup le sol sembla bouger, s’enfoncer dans les profondeurs, il imagina un ascenseur.
Après une descente vertigineuse de quelques secondes, tout s’arrêta net. On le traîna sur plusieurs mètres, on lui enleva sa cagoule, il fut stupéfait, effaré par ce qu’il vit.
Une place formant un  cercle de deux cents mètres de diamètre environ, entourée de murs d’une hauteur de plus de quarante mètres tapissés d’ouvertures vitrées. Sur la place, le vide, pas de table, pas de chaise, rien. Accolée au mur une chair faisait penser à une organisation secrète, une secte.
La surface de cet immense espace était carrelée, une magnifique mosaïque décorait la base des murs. En face de la chair la place était recouverte de tapis au moins sur le quart de la place.
En haut de cet immense puits, les grands arbres laissaient apparaître un cercle de ciel bleu.
Luc était assis tant bien que mal, seul, pas âme qui vive, un silence inquiétant.
Un bruit léger attira son regard vers le haut, il vit  au sommet de cet incommensurable édifice souterrain deux énormes voûtes se rejoindre lentement en leur centre. Le coin de ciel, la cime des arbres disparurent progressivement. Une lumière artificielle éclaira l’ensemble, aveugla le prisonnier. Toutes les ouvertures s’illuminèrent, on entendit le ronron des groupes électrogènes. Il n’en croyait pas ses yeux, où était-il ?.
Deux hommes barbus le prirent sous les aisselles, le traînèrent jusqu’à un ascenseur. Ils montèrent quelques étages, parcoururent un long couloir, lui aussi décoré de mosaïques. Les geôliers ouvrirent une porte le jetèrent dans une cellule vaguement éclairée.

 

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 15:33


                 L’effervescence régnait dans la grotte et dans les caches des environs, le grand départ était pour bientôt. Un émissaire militaire de la caserne la plus proche avait conseillé aux responsables de l’organisation de déménager au plus vite. « Nous ne pouvons plus vous protéger, sous la pression des USA notre gouvernement est sur le point de céder. Tout sera fait pour vous faciliter le transfert », leur avait dit le militaire.
L’homme sous son banian semblait ignorer le bouleversement occasionné par le déménagement.
Pourtant de sombres pensées l’envahissaient, un vent de trahison l’obsédait. Il évacua ses pensées sombres, son second ne l’avait jamais trahi, alors pourquoi avait-il cette défiance ?.
Quitter cet endroit où il avait vécu plusieurs années lui paraissait au dessus de ses forces.
Le risque était grand, le trajet semé d’embûches, l’appréhension revenait,« Peut-être veut-on m’éloigner, m’assassiner », puis, à nouveau la sérénité revenait, « mes amis veulent me protéger, pourquoi m’inquiéter ».
Dans ce grand pays, l’Indonésie, l’intégrité des croyants était aléatoire, il redoutait les dénonciations. Pourtant il était indispensable de quitter cet endroit.
L’américain avait investi des sommes considérables dans l’organisation, « Je dois faire confiance à cet homme, il est des nôtres » pensait-il, pourtant la crainte était bien présente.
 Son entourage lui avait parlé d’une base souterraine. « M’enterrer dans un trou, non, on ne peut me le demander, me déplacer dans ce pays puisque cela était nécessaire, mais à l’air libre ». Son second le rassurait et lui promettait, « vous séjournerez dans une île paradisiaque et sûre, peuplée d’habitants acquits à notre cause. » 
Le soleil avait disparu derrière les montagnes, la brise du soir porta l’appel du muezzin à la prière.
 L’homme au banian déplia son tapis de prières se tourna vers la Mecque, s’agenouilla, s’abaissa jusqu’au sol à plusieurs reprises, il pria. Sur son front on pouvait lire la marque de sa ferveur, une tâche brune indélébile s’était imprimée à force de contacts avec le tapis. Il reprit sa position favorite, les jambes en ciseaux, la tête baissée, dans sa pensée alternaient confiance et trahison.
Sur le raide sentier, trois femmes entièrement couvertes par leur burka, le regard caché par le tissus grillagé  montaient jusqu’aux grottes. Elle portaient sur leur tête de lourds récipients contenant le repas du soir des hommes.
Souffraient-elles de leur état d’esclave caché ?, peut-être pas, le poids de la tradition ancestrale les submergeait, les dépassait.
L’homme les vit-il ? se rendit-il compte de leur soumission, de leur fardeau, de leur peine ?,  il ne leva pas les yeux à leur passage. Faire disparaître la misère de la planète était son but,  ne voyait-il pas celle de ces femmes à quelques mètres de lui ?  la pauvreté du village ? était-il prisonnier de sa croyance, de la tradition, de son dieu ?.
La nuit inonda l’espace, un jeune garçon d’une douzaine d’années, visage innocent de l’enfance, armé d’une kalachnikov vint le prévenir, « le repas est servi ». L’homme se redressa péniblement, avec difficulté se dirigea vers la grotte, s’avança jusqu’à la table. Etaient attablées une dizaine de personnes, parmi elles son second, l’émissaire de l’américain, des hauts responsables de l’organisation. Il prit place à l’endroit habituel, l’homme mangeait en silence, sans appétit. La conversation animée concernant le départ ne paraissait pas l’intéresser. Il leva la tête, un mot l’avait interpellé, « décapité ». Sur un ton calme il posa la question, « de quoi s’agit-il », un de ses proches lui répondit, « un homme  du village, certainement appâté par la rançon est allé à la caserne signaler notre présence.
 Le commandant nous en a informé, l’homme a été jugé et décapité pour trahison. Les militaires nous ont toujours soutenus, mais la pression de la capitale devient trop forte, il est grand temps de partir dans un lieu sûr ».
L’homme au banian ne répondit pas, se leva, quitta la table se rendit sous son arbre. Dans la douceur de ce début de nuit d’été il sombra dans le puits de ses tourments.
L’ombre des gardes se croisait autour du camp, il était tard, il rejoignit son habitation troglodyte. L’homme au banian dormit peu, hanté par la trahison.
Le second de l’homme en compagnie de l’envoyé américain organisait le trajet. Ils connaissaient les écueils,  les aéroports, là étaient les dangers.
Seulement six hauts responsables feraient le déplacement, les autres rejoindraient leur village, les divers réseaux du pays, surtout ne pas relâcher l’emprise sur les populations. L’organisation était sur le point de prendre le pouvoir. Le peuple ne voulait plus de ces hommes corrompus à la botte de l’occident, l’heure était proche où ils mettraient en œuvre leur politique de justice.
Tout le matériel de communication, informatique et documents devait disparaître. Sous l’œil d’un garde, deux hommes réduisaient en miettes ce qui pourrait être exploitable.
La dernière nuit de l’homme au banian fut interminable, le jour se leva enfin.
C’était l’heure  du départ vers l’incertitude. Une voiture tout terrain se rangea devant la grotte, six hommes y prirent place. Tous avaient coupé leur barbe, l’homme au banian laissait apparaître un fin collier. Ils étaient vêtus à l’occidentale, costume trois pièces, chaussures de ville cirées, attaché case à la main.
 Ces hommes étaient métamorphosés, méconnaissables. Un peu serrés sur les sièges, le véhicule se mit en route, prit le chemin défoncé et rejoignit la route principale.
 Dans la grotte et aux alentours rien ne laissait supposer que le lieu avait été habité plusieurs années. Les militaires pouvaient prendre les grottes vides sans risque, faire leur rapport, les occupants s’étaient volatilisés avec leur accord tacite.
La voiture s’arrêta en pleine campagne sur le bord d’une route goudronnée et attendit quelques instants. Une grosse limousine noire stoppa, les portières s’ouvrirent, les six hommes s’engouffrèrent rapidement à l’intérieur, en trombe la voiture démarra. À plusieurs reprises ils croisèrent des véhicules de l’armée sans difficulté. Un barrage de police les intercepta, le chauffeur stoppa à l’injonction des policiers, montra les papiers du véhicule, ils sortirent leur passeport avec un clin d’œil chargé de sous entendus. Le chef des policiers rendit papiers et passeports aux occupants leur souhaita bonne route, ils filèrent vers la frontière indienne.

 

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